Nouvelle Vague

Richard Linklater · 2025

Publié le 11 février 2026

Nouvelle Vague, Richard Linklater (2025)

Toujours dans l’objectif de regarder un maximum de films nommés aux César et aux Oscar 2026 avant la date des cérémonies respectives, je me suis laissé tenter par Nouvelle Vague de Richard Linklater.

J’affectionne particulièrement ce réalisateur, non pas spécialement pour sa fameuse trilogie Before Sunrise, Before Sunset et Before Midnight mais surtout pour Dazed and Confused, qui est l’un de mes films préférés. Avec la sortie de Blue Moon (que j’ai adoré) et Nouvelle Vague, Linklater est productif, ce qui n’est pas pour me déplaire.

S’agissant de Nouvelle Vague, je prends le risque, à mon avis inexistant car mes propos ne concernent que moi, d’aborder un mouvement du cinéma français révolutionnaire que je ne connais que trop peu pour pouvoir m’y exprimer avec conviction.

Portrait de Jean-Luc Godard, figure emblématique de la Nouvelle Vague

Jean-Luc Godard

Cependant, l'œuvre de Linklater m’a réellement conforté dans ma décision d’écrire ces mots car Nouvelle Vague n’est pas une œuvre qui vient justement se conformer à ce mouvement et ainsi y respecter ses règles. À l’inverse, Nouvelle Vague n’est qu’une envie, totalement louable de Linklater, de plonger dans les coulisses du tournage d’À bout de souffle de Jean-Luc Godard.

Tournage du film Nouvelle Vague : Richard Linklater dirigeant ses acteurs

Photo de Jean-Louis Fernandez avec François COMPAROT, David CHAMBILLE, Richard LINKLATER, Lucie SAADA

Il n’était absolument pas question pour Linklater de s’imposer les contraintes de ce mouvement, même si certains diraient qu’il n’y en a aucune. Le point fort de ce film est justement de nous faire vivre la naissance de ce mouvement révolutionnaire par l’un de ses plus grands représentants tout en restant d’une grande simplicité.

Je dirais que Linklater nous filme la Nouvelle Vague tout en ne respectant aucune règle de celle-ci. Et c’est tant mieux ! En tant que spectateur n’ayant que très peu vu de films de la Nouvelle Vague, c’est exactement ce que je voulais voir de ce film. L’objectif n’est pas de faire du Jean-Luc Godard mais de comprendre “le” Godard. C’est une grande réussite. Le visionnage est encore plus entraînant en raison du caractère totalement atypique de celui-ci.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de la personnalité du mythe Jean-Luc Godard, mes connaissances m’en empêchant, mais je peux affirmer que pour ses débuts, Guillaume Marbeck est bluffant. J’avoue ne pas comprendre comment il est possible, pour un premier rôle, d’interpréter Godard avec autant d’aisance mais je peux comprendre sa légère appréhension…

De manière générale, le travail du casting et le niveau des acteurs est absolument phénoménal. Certains ont beau être des “inconnus”, la ressemblance aux personnalités de l’époque est bluffante.

Guillaume Marbeck et Aubry Dullin dans le film Nouvelle Vague

Guillaume Marbeck et Aubry Dullin

Je termine en disant que je suis sorti de Nouvelle Vague étrangement déterminé, avec une volonté d’aller au bout de mes idées, d’innover, de créer. C’est une grande force du film et c’est en cela qu’il excelle : il donne envie de quelque chose, de tout et de n’importe quoi, de créer, peu importe mais il donne envie !